désœuvrement

  la nuit sans cesse m’appelle
  moi je lui dis laisse-moi tranquille


  la mort met fin à la mort –
  cela suffira t-il à faire un dieu?


  tu me jettes un trognon
  alors je mange un trognon


  un dénuement. tu cherches un dénuement
  – tu vas attraper la gale, oui!


  crachât joli crachât, retourne à la terre
  qui t’a vu naître


  ça m’est égal – je pose ma main sur ton ventre
  et cela se résout en tout autre chose

  nous ne sommes pas arrivés, pas même partis
  – où vivrons nous hors le consentement?


  dieu tout là-bas et moi je reste là
  j’attends qu’il me dise allez viens lève-toi et marche


  la route est longue. je sais que la route est longue
  sur laquelle je ne m’engage pas


  peut-être pleut-il, peut-être la vie, la mort
  sont-ils un songe trempé


  plus qu’une danse, plus tu me danses
  et plus les cercles s’infinissent


  le loup pose son visage contre le mien
  se mêlent nos larmes intérieures

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