on s’est assis

  On s’est assis
  là comme des dieux ne partant pas en mer, un matin de pitié
  ne quittant pas le lieu
  sûr du rivage

  On s’est assis, on n’a rien dit
  on a tressé nos regards sur un même horizon
  sachant déjà que l’horizon serait le dernier mot, le dernier souffle
  tout ce qui resterait de nous après nous…

  Et nous restâmes assis
  ainsi voguant
  dans l’intuition de ce que serait l’éternité
  si nous n’y perdions pied

  On s’est assis
  là près de l’un
  l’un près de l’autre aussi
  on n’a rien dit
  rien ne soufflait
  tu t’es baissée pour te gratter le mollet
  – il faut bien se gratter, de temps en temps…

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