mer d’accueil

  il existe dans le temps une part inassujétie à l’histoire, au présent, et à leur conjonction dans la contemporanéité. c’est une immédiateté atemporelle – peut-être un souvenir d’enfance, ou quelque joujou que l’on pêche dans la mort, l’inaliénable possibilité d’un horizon. nous tâchons d’y puiser la naïveté indispensable à notre survie et puis voilà

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  un vent de lumière crue. un vent de haute désolation. un vent de sourde brutalité. qui vous assomme. qui ne vous laisse aucun répit, aucun refuge hors la mort calme, silencieuse et aveugle, tout au centre du rien, à l’envers du souffle…

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  pour que l’existence soit réellement superflue, il faut qu’elle ne soit pas seulement superflue. que d’une bouse imbibée d’alcool poussent des pissenlits nous rapproche de l’essentiel inessentiel : seul importe le salut de l’âme, quoi que l’on entende par là. quoi que l’on entende par ci, de maudire à bénir, de l’immonde à l’aumône, nous réinventons l’abîme sidéré d’exister

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  ennui, parfait ennui – on ne peut plus rien pour lui. elles défilent sous les testicules desséchées et le phallus d’airain. qu’elles se nomment rosemary, claudia,maïté ou julia, elles entrent dans la ronde, en ressortent essoufflées, rouges pivoines et le ventre en lambeaux. ennui forcé, sublime ennui. ennui de rien – on ne peut plus rien contre lui…

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  le temps où l’on se déborde, où l’on se saborde, où l’on vire au-delà de soi-même, où de gardé nous passons à donné. le temps où nous allons, juchés haut sur nos semelles cloutées, les aisselles en feu de paille et la joie en chardons. le temps où ivres d’au-delà nous nous enfantons nous-même dans les bras de morphose, de la métamorphose, de l’apocalypse halluciné derrière la vitre délabrée…

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