attila sur un banc

  les hommes me protègent de dieu. les hommes m’empêchent de brûler dans le grand vide de dieu. ils me retiennent par les pieds; ils me prennent dans leurs bras. les hommes me préservent de la folie de dieu. les hommes m’étouffent de leur amour, me chargent du boulet de leur solidarité. les hommes : ceux qui m’ont inoculé le langage, le langage qui soulève les cailloux
  j’aime les hommes – j’évite de le leur faire subir

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  je me suis assis sur vos genoux – non : j’ai effleuré votre genou. c’est mieux ainsi. comme une pierre qui tombe en moi, me traverse jusqu’au fond – non : je tombe en moi, je m’écroule en dedans. un trou s’ouvre grand en moi et je tombe au-dedans. c’est mieux ainsi. demain nous jouerons à la corde à sauter – non : on dessinera à la craie une marelle sur le sol et on choisira un beau caillou. oui, la marelle c’est mieux.

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  les portes claquent ferme. parfois elles vous pètent le nez, parfois elles vous éclatent la gueule. j’adore le bruit qu’elles font
  maintenant que j’ai la tête lisse comme un galet, la tête défoncée, la tête bien claquée, je monte à l’escabeau et avec un cure-dent, j’éventre le plafond

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  je voudrais que tu me saches, que tu saches en moi la mort plante doucement grimpante par au-dedans
  je voudrais que tu me lâches, que tu lâches la main de l’homme qui sombre, parce que manque la force de le porter ainsi à bout de bras au-dessus de l’abîme
  je voudrais que tu m’abandonnes, afin que je puisses t’aimer comme un noyé aime la silhouette qu’il aperçoit la-haut sur le pont
  je voudrais que tu me saches et qu’au-dessus de moi ta main résurrectrice se balance hésitante, saluant au loin les amants ivres
  j’ai tellement besoin de ta pitié – si seulement tu savais…

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  je ne t’ai pas encore raconté les ombres douces…

attila sur un banc

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