ligne de partage

  il n’y a plus eu
  à chanter malgré soi, à redescendre
  du haut de soi vers
  le fond de soi non plus

  il n’y a plus eu
  à penser quelque chose
  qu’on ne pensait pas vraiment
  qui crevait là quand même

  il n’y a plus eu que
  le chant de nulle gorge
  la pensée sans ambages
 – une autre fois la mer…

  .

  sous la lumière il y avait toujours quelqu’un qui
  dansait sous la lumière
  puis il s’est fatigué, alors
  la lumière est partie – abrupte lisière

  .

  la tombée des masques
  comme une levée de corps
  tout lové dans la chute
  la chute bien droite pourtant
  inexpressive, qui pleure même pas
  parce que… parce que rien.

  .

  qu’est-ce que tu fous là, à extraire de ta chair des petits bouts de miroir
  qu’est-ce que tu fous là, à t’épiler les yeux, l’air soi-disant d’y voir clair
  qu’est-ce que tu fous là évidemment, ton côté (trans-) sibérien de puer des pieds, et la triste vérité du plat
  qu’est-ce que tu fous là je te le demande, et je te réponds rien

  .

  buter sur un petit caillou. c’est marrant comme un simple caillou peut vous barrer la route, barrer la route à tout un fleuve, toute une colonne de chars. la douche froide d’un jour crachin, descente de trip et sans les skis; la larme un peu crispée mais c’est pas grave – allez vas c’est pas grave je te dis

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