carrément judith

  parler s’immisce. les autres ont le corps nu
  extensibilité du néant, réduction des déficits, parler s’amenuise
  une fille est une fille – toute cette chair inutile, cette âme prise en défaut

  une tuile faiseuse d’anges, de gazeuses réflexions
  je te suce la main, je te suce les palmes entre les doigts je te suce
  les ongles. c’est vrai que je n’ai rien d’autre à foutre, en semaine
  ni le dimanche
 

  casser le coude. se remémorer
  d’assez peu nombreux.
  j’ai mal à ma chambre. c’est vrai qu’elle pousse à reculons, ma chambre
  c’est vrai qu’on ne va pas plus loin, depuis que nous sommes ce loin
  que le lieu ne déborde plus

  j’ai crotte la misère. alors je t’embrasse sur les lèvres, t’embrasse avec mon bec de lièvre à moi
  j’appuie sur ton anus comme sur le bouton
  d’un ascenseur en panne, d’un
  destin en faillite je suis heureux je crois :
  sans rien à perdre, et qu’un dieu inutile…

  pur sang de celle, et les bras qui m’en broutent
  tu pues d’ l’aisselle, lieu commun de toute dé-nomination
  je baisse mon short – ou en tout cas c’est ce que je ferais si l’idée me prenait un jour de
  porter un short

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