pulsion grave dans les dents

  ce n’est plus le corps ni l’esprit, mais le temps en soi – ouvert, férié,  intrinsèque
  le pur temps de l’attente, impuissant tant à rejoindre son objet qu’à le quitter.
  puer des pieds, surtout mort
  d’abord et avant tout mort
  crachotant

  mon chien a des dents, donc il mord
  mord le vent, le spectre, son propre aboiement
  les jours où je ne meurs pas je bois. je ris, je pleure – non, je bois.
  mon chien a perdu toutes ses dents, toute sa queue scorbuteux, alors quoi d’autre il s’est mé-
  tamorphosé en canard

  chien est la vie qui persiste dans le ventre de l’homme mort.
  m’a semblé qu’il me regardait de travers. on ne se pose pas trop de questions
  par la grâce de dieu, on s’en fout
  et on n’a toujours pas compris à quoi pouvait bien servir
  une, ou un, sexe

  pierre d’achoppement.
  l’éternité, faite femme, ne se souvient pas comment
  j’avais une autobahn devant moi ce n’était pas encore l’éternité mais ça y
  prétendait néanmoins – que ferais-je désormais de l’éternité, moi que le temps
  aborde par le côté mou, par le côté lent

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