eurydice au miroir

  la vie sans culotte, petite fumée de vivre, prenant refuge
  dans le grand rien, qui ne protège de rien mais qui
  écarquillant les yeux
  soulage l’esprit – quel esprit ? je n’sais pas : l’esprit
  de rien, ou l’esprit-rien, comme tu voudras

  ma maison est à vendre
  ma maison est à j’ter
  à casser à la masse
  à démolir, à raser
  maison à la dérive
  j’ai enfilé un slip et j’ai plongé
  sauf que je me retrouvai nu comme un ver
  et y avait même pas de mer (rien
  qu’une bouteille en plastique éclatée
  traînant là sous un regard
  étrangement vide…)

  quelques centimes de pourboire
  une petite caresse sur la tête et allez ouste, une…
  et allez ouste. je ne me reconnais plus, j’angoisse
  j’angoisse d’être

  avant que de mourir avant que de pendre un doigt
  sans le tendre, sans le mouiller on le fourre dans son nez, déjà ça nous dispensera d’a-
  voir à chier des drapeaux, hein
  je me retourne dans ma tombe et c’est encore toi que je vois, à jamais ahurie…

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