économiser la poussière

  la vie manque de bancs
  de vrais bancs
  comme de cordes qui pendent, d’azurs imprescriptibles
  je penche du côté gauche c’est presque la mort me léchant le visage
  je penche du côté droit j’ai toujours envie de jouir
  or mais jouir ne vient pas

  la vérité, c’est ce dont la mort ne sera pas venue à bout
  alors tu empruntes le tunnel, tu enfiles un harnais
  qui ne regarde pas la mort jusqu’à s’en crever les yeux ne fait que bavarder
  eh bien bavardons

  tous les anges ne plongent pas simultanément – certains
  dont le parachute ne s’ouvre pas
  font tomber la pluie ils ne savent comment
  sans la fin pas de début, sans yoghourt pas de vache – proverbes et sentences d’un
  radieux désenchantement

  les trous qui se trouvent en moi, je les comble avec les trous que
  je trouve t-en moi
  moins plus moins égale rien, légèrement au-dessous de zéro, un jour éternellement férié, une odeur persistante de frites
  il faut se retenir de pleurer, tout comme il faut se retenir de rougir
  économiser la poussière

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