je lui fais don du ciel

  on s’embrasse
  on s’embrasse à deux pas
  on s’embrasse à trois pas et on tire
  on tire à l’envers ou on tire en l’air enfin bref,
  on s’embrasse

  tel un moineau décarboné
  je n’ai plus de poème
  la gaule fébrile
  mais là où je commence, commence l’horizon…

  cela ne nous concerne plus, le temps qu’il fait
  une jolie cyclope
  j’ai marché sur le pied d’une
  jolie cyclope
  elle m’en a tendue une

  j’arrive pas à savoir
  c’est en quel sens, en quel sens tourne le désespoir ?
  je vais gratos
  gratos ouvre en grand toute la mémoire

  il n’y a pas un trou, on le redresse
  on le redresse parmi soi
  il n’y a pas un trou, on tombe dedans
  forcément, on tombe dedans
  où ailleurs que dedans ?

  la nuit rappelle bonjour
  je lui ai parlé pourtant, mais la nuit rappelle bonjour
  il ne lui manque rien de ce qui me manque à moi
  j’habitais là
  maintenant je n’y habite plus

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