quand la lumière éteinte et que l’on dure encore

  chaque jour en moi un homme s’éveille, et toujours le même homme – un homme
  que j’ai fini par reconnaître, sans pour autant m’y reconnaître : il ne
  sera jamais moi, mais l’excrément d’un jour, humain sans les atouts

  l’immensité de l’ouïe étouffe dans ces deux petites oreilles. je rêve d’un tire-bouchon
  le soleil amoureux, et puis ce froid sans fond recouvrant tout, habitant tout, cryogénisant le moindre souffle
  si les morts ne se relèvent pas c’est qu’ils n’y croient plus désormais, c’est qu’ils sont définitivement
  passés à autre chose

  je dirais que ton petit sifflet m’a le souffle coupé
  peu d’effet sur la vitre, la mouche grande ouverte
  je ramasse un morceaux, je ramasse deux morceaux, au bout d’un moment je lâche tout j’abandonne
  – que je suis beau quand j’abandonne

 

quand la lumière éteinte et que l'on dure encore

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