le large en soi. on y trempe un orteil, et puis le pied entier – on n’ira plus nulle part
les épaules fines mais suffisantes à porter un ciel tout en
apesanteur
il se passe quelque chose. si on ferme les yeux et qu’on les ferme assez fort il se passe quelque chose
quelque chose de si radical que lorsqu’on rouvre les yeux on constate qu’il ne se passe à l’évidence rien
des cris feutrés
un grand orage et je l’embrasse sur la bouche
il ouvre grand la bouche je l’embrasse dans la bouche, ce grand orage
pour n’en perdre une mouette
j’ai collé mon eau à son eau, et maintenant je ne sais plus pleurer
il y a un monsieur qui m’achète l’heure – il me laisse la montre, me laisse le poignet, qui se tord tout seul
sans encombre je me perds, sans obstacle je trébuche. le vide me rattrape, le vide me ramasse
c’est lassant à la fin
je scrute l’horizon, où s’engouffrent les surfaces, et tout ce qui en fin de compte s’avère inessentiel
j’ouvre une boîte et dans la boîte un huit m’attend, depuis la nuit des temps un huit m’attend
ce n’est pas une surprise
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