la nuit tombe, la mort tarde à mourir

  le large en soi. on y trempe un orteil, et puis le pied entier – on n’ira plus nulle part
  les épaules fines mais suffisantes à porter un ciel tout en
  apesanteur

  il se passe quelque chose. si on ferme les yeux et qu’on les ferme assez fort il se passe quelque chose
  quelque chose de si radical que lorsqu’on rouvre les yeux on constate qu’il ne se passe à l’évidence rien
  des cris feutrés

  un grand orage et je l’embrasse sur la bouche
  il ouvre grand la bouche je l’embrasse dans la bouche, ce grand orage
  pour n’en perdre une mouette
  j’ai collé mon eau à son eau, et maintenant je ne sais plus pleurer

  il y a un monsieur qui m’achète l’heure – il me laisse la montre, me laisse le poignet, qui se tord tout seul
  sans encombre je me perds, sans obstacle je trébuche. le vide me rattrape, le vide me ramasse
  c’est lassant à la fin

  je scrute l’horizon, où s’engouffrent les surfaces, et tout ce qui en fin de compte s’avère inessentiel
  j’ouvre une boîte et dans la boîte un huit m’attend, depuis la nuit des temps un huit m’attend
  ce n’est pas une surprise

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