le trou me mange

  je ne vais pas
  partir je ne vais pas
  transir je vais juste me de
  mander mais comment ai-je donc pu
  survivre jusque là ?

  la mort a son bidon, or le bidon percé
  je m’interroge, je me sonde – un chat crevé me conditionne
  bidon percé !

  je porte atteinte à ta nuit je sais j’ai rangé
  tous mes doigts dans leur gant, leur bague leur
  terre prénatale
  – décampe. allez vas-y décampe

  mords-toi les doigts. les doigts ça suffira mords-moi les doigts – le reste pourrira
  j’ai manqué quelque chose
  j’ai manqué la plupart
  le trou me mange

  tant de douceur. un gros sexe parmi moi et lent
  une vie diminue. le large s’enlargit. je convoite une béquille
  la béquille dérape

  un jour l’eau tiède : pas grand chose en somme. ou guère plus. un jour long de gouttière
  on aura tous un trou
  dedans
  …

 

le trou me mange

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