la glace pour le sang, la laisse pour le chien

  on s’est mis pas mal à genoux contre terre, ces derniers temps. on a même pensé à balader le vide-à-l’intérieur-de-la-valise
  quand on se relève tout est blanc comme neige, alors on se dit tiens, tout est blanc comme neige
  tant ça nous avait manqué

  le toit s’effondre. la nuit du toit s’effondre et je me parle
  de moins en moins.
  avec du bois mouillé on fera un feu, de peu de joie un feu, de feu mouillé.
  on s’en tiendra là, à ça, qui nous glisse entre les doigts et ne nous
  reconnaît pas

  des gens partent là-bas, ou se réfugient dans des trous de ver – on nous avait bien prévenu que l’espace était tordu
  quelque chose nous manque, indécemment quelque chose nous manque, sur lequel on ne peut
  mettre un nom, un visage

  ne plus jamais, oh grand jamais, sortir du lit
  sauf pour aller promener son chien, s’il s’avère qu’on ait un chien
  donc éviter les chiens. éviter quoi qu’il en soit tout ce qui se fait en-dehors du lit
  que l’on creuse
  là où inexorablement le courant passe

  s’asseoir par terre, où mais par terre. ne pas
  se trouer la main, avec n’importe quoi susceptible de
  trouer la main. non, un trou dans la main définitivement ne nous avancerait à rien, ne nous
  procurerait aucun plaisir ni avantage. par terre se montre assez dur comme ça

  je n’ai plus envie de moi. j’ai tiré le rideau sur ma face. je lèche
  le plâtre de mon mur, c’est tout
  ce que j’ai trouvé à faire de ma vie, de mon temps, tel un petit animal inquiet je lèche
  le plâtre de mon mur

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