l’amour sur ce brancard

  six heures trente, un trou dans le béant
  pas grand chose de plus à attendre, à creuser
  – à part peut-être la levée d’un miracle…

  à la plupart des yeux je cède un champ de vue miné
  quelqu’un dort auprès de moi, une ombre
  que je ne parviens pas à rattacher

  j’étais là, mais jamais qu’à moitié
  on meurt tranquille un soir de pluie – on se dit ça, discrètement
  à peine plus que de ne rien se dire

  moitié homme moitié seuil, j’ai marché sur la queue d’un silence
  la nuit regagne du terrain
  en toute circonstance me précède t-elle

  puisque l’amour va sans se dire, on a réservé un miracle
  ou alors on s’est mis nu sous un œil en plan fixe
  un œil irréversible

  en sortant de la ronde, de la cohorte des hommes
  qui ne tiennent pas debout
  ni à rien, pour la forme

  une vie
  restée là en travers, un aboiement qui
  aurait perdu son chien, rien qu’un écho
  coincé entre deux dents – ça se termine ainsi
  … tout se termine ainsi

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *