avant d’y aller il faut y aller, assis là sans bouger

  plus précieux que dieu, la douleur de dieu
  – nomme
  la douleur de dieu

  ne demeure qu’un pour soi, vraiment, les autres étant vraisemblablement
  partis en vacances.
  ne demeure personne à aimer, d’où soudainement la fuite, la fuite récidive
  la fuite survenant en chacun, dont chacun d’entre soi

  la mort d’un enfant diurne est, je ne sais pourquoi, sensiblement plus choquante que celle d’un enfant nocturne
  bien que l’enfant nocturne n’existât pas, hormis dans notre imagination et un peu après minuit
  si l’on commence par là

  et tu cherches en vain qui léchera ton silence
  comme si un silence prolongeait son homme, et non seulement le devançait.
  si vivait une vérité n’éclaterait-elle pas là, ici-même, maintenant au minimum – je ne nous avais jamais imaginés
  si petits, si tassés

  il n’y a pas d’yeux pour moi il n’y a que des yeux
  pour la toute fin de moi, les fâcheuses conséquences. je me suis jeté dans un vide
  qui n’existait pas. ainsi précipitamment demandai-je à mon voisin :
  « mais qui existe vraiment ? »

  dans le dieu qui court encore, un dieu se retenait. on a voulu l’embrasser comme on embrasse quelqu’un, quelqu’une.
  on ne se rappellera plus de soi quand on ré-ouvrira les yeux quand on
  laissera juste sa main traîner là, au cas où
  quelqu’un, quelqu’une éprouverait le besoin, un jour, un temps, sait-on jamais, de s’en saisir

 

avant d'y aller il faut y aller, assis là sans bouger

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