trois petits essuie-glaces

  dieu m’empêche de voir dieu, je l’éradique donc. dieu m’empêche de voir la pologne, la grande plaine de pologne, jusqu’à lublin. dieu est bien trop lumineux et il faut toute la transparence nocturne pour voir jusqu’à dieu, quand on n’a pas de lune

  j’ai acheté des verres à pied à la boutique d’occases. il me faut maintenant une bouteille au moins pleine pour emplir ces verres vides. tant vide était mon âme. un peu le glas, un peu le creux, mais ça sonne bien. si vide était mon âme

  les voitures sont évidemment faites pour la casse. les humains pour se tromper les uns les autres, se fourrer un doigt dans tel ou tel trou le reste du temps. le reste du temps c’est très commode. le reste du temps on ne prend pas la peine de dire ce qu’on pense, de penser ce qu’on dit ni même, de penser du tout

  tu m’oublies. et tu m’oublies en me regardant fixement dans les yeux. tandis que moi je louche, il faut bien l’avouer, moi je louche à droite, je louche à gauche. tu m’oublies bien en face

  elle avait un projet alors je l’ai tuée. elle a mis ses baskets alors je l’ai tuée. elle avait une sensibilité artistique alors je l’ai tuée. seulement le temps venu je n’ai pas su la ressusciter. j’arrachai les clous, récitai les mantras, mais je ne la ressuscitai pas

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