la flemme de vivre

  surgi d’un corps, surgi d’une boue. puis peu à peu rongé par le grand territoire. j’aurais voulu avoir un son, te savonner toute entière sans jamais lever le gant, jamais baisser la garde

  bon alors, je me nage. je me nage dans quelque chose qui n’est plus mien. je fais le mort dans un lit dont on a retiré le fond, et ne fait plus de vagues…

  quand on mange on mange avec les doigts, ou avec une cuillère. les gens ne succombent pas à leur première histoire c’est vrai. ils se plantent

  on se met avec qui on se remet, on ne dort pas. nul n’est dupe. à force de coucher avec son ombre elle a fini par éclater. ça n’a rien éclairer pour autant

  la pluie marque son territoire. on ne m’apprend pas à nager. j’avais rendez-vous sous le tableau des départs mais pas avec le départ. je ne pouvais m’arrêter de lui sucer le lobe de l’oreille, ça n’avait pas de sens

  la nuit du grand sommeil, j’ai dormi plus d’une heure, à peine plus d’une heure. j’ai embrassé ma femme sur une seule joue et je lui ai dit adieu. c’était plus court comme ça

 

la flemme de vivre

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