minimales du chagrin

  j’apporte les yeux rien d’autre. j’apporte les yeux et tu te démerdes pour le reste. tu prends la louche. tu prends la louche c’est ton métier. tu prends la louche j’urine dedans

  on va manger des allumettes, et seulement après prendra t-on feu. il n’y a plus de façon d’être – il n’y a que l’être sans façon

  changer de compas. pointer un autre centre tracer un autre cercle. cul-de-jatte je redéfinis le réel. émasculé je redresse le nord. ou c’est tout comme

  il manque un peu de soi. il manque un peu de soi en tout, un peu de soi en soi. et donc marche avec moi. de toute manière tu n’as nulle part où aller toi non plus, alors marche avec moi

  ils font grise mine, les petits corps congelés. par ailleurs personne ne te manquera. tu leur griffera le visage avec les ongles. tu t’enfonceras des petits animaux morts dans le vagin. et personne ne te reconnaîtra, ni dans la rue, ni dans l’éternité

  on ne lâche rien de soi, pas une larve pas un clou. monté si haut qu’on n’en redescendra pas, tombé si bas qu’on ne s’en relèvera pas. il y a un début il a une fin, absolument rien entre les deux

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