j’ai une barre dans l’épaule droite. dans l’épaule droite j’ai une barre, aussi. je me demande ce que ça fait de rester assise ainsi toute la journée
toute la journée je reste assise. j’ai des fourmis dans la momie, aussi. je ne veux pas recommencer. je reste assise, voilà tout
un homme est en mouvement. on lui tire dessus, ça ne le fait qu’accélérer. il aurait fallu l’abattre même en rêve. un homme est assourdissant
occupe-toi de tout, moi je me noie dans la bassine. des plants, des gouttières qui gouttent, occupe-toi de mes obsèques, moi je m’occupe à rien
l’un est parti de ce côté, l’autre est parti de l’autre côté. peut-être se rejoindront-ils un jour, dans l’infini. de là où je suis on ne peut voir tout l’infini
une heure dans ma peau, c’est à peine plus qu’un ballon dégonflé. par ailleurs je n’ai pas de temps pour ça – je n’ai que le temps pour rien
mes enfants boivent de la bière. de l’aube jusqu’au coucher, mes enfants boivent de la bière. c’est dégueulasse, mais eux ils aiment ça
j’aurais voulu te tenir dans mes bras, si seulement j’avais eu des bras. j’aurais voulu te serrer contre moi, si seulement j’avais eu un moi. du coup je te lèche la fente

Laisser un commentaire