jours sans vent

  je ne pleus pas. j’ai beau pousser, râler, me balancer d’un pied sur l’autre, je ne pleus pas
  une existence à caresser la tête d’un mort, puis le crâne d’un mort, puis l’idée morte d’un mort
  ai-je vraiment grandi, entre-temps ?

  donne des baisers, donne des baisers partout, et surtout ne reprends rien. ne réponds pas non plus
  l’âme repousse évidemment – s’il est une âme c’est qu’elle repousse, si l’âme repousse c’est qu’est une âme, et l’âme repousse évidemment
  on sait pas trop pour quoi, mais l’âme repousse à tout bout d’champ

  tu n’as pris qu’une bouchée de mon sandwich, j’ai fini tout le reste
  des lampadaires jusqu’au fond du port, jusqu’au bout de la jetée, le long des quais. ils restent allumés toute la nuit, pour quasiment personne
  quoi d’autre brille ainsi pour rien ni pour personne ? cette fuite irréelle ne t’évoque donc rien ?

  j’ai perdu quelque chose je ne sais pas trop où, je ne sais pas trop quoi
  le chien qui aboie trop on le pique, celui qu’on n’entend pas aussi on le pique. on se retrouve parfois à faire l’amour à une lampe de chevet, sans rien avoir demandé, sans même l’avoir cherché
  imagine seulement que quelqu’un te cherche, imagine un instant…

  représente-toi la mort comme une porte. ouverte puisque porte
  comme une issue à soi, une issue vers soi. une issue à soi vers soi
  il manque toujours un bouton à ma chemise, celui du haut en l’occurrence
  peu importe que manque ou non celui du bas – celui du bas ne compte pas

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *