ma sœur est entrée dans la mort
avec sa poupée, comme ça, tout cru
et ses dents de travers.
je suis mort avant elle. heureusement, je suis mort avant elle
pour déblayer le chemin, ravaler
tous les petits cailloux
ma mère m’a porté en terre, petit cercueil minus trouduc petit cercueil tout blanc vernis – petit mais
une blinde ceci dit, ma mère
m’a porté en son sein neurasthénique, son sein siliconé ou dur de dur ma mère, enfin, c’était pas sa faute
mais quand même
ma femme
tout à coup s’est crue nue tout à coup s’élança
à travers champ folle furieuse, ophélie au rabais c’est alors
qu’en ses yeux révulsés je m’apparus sous la figure désenchantée d’une
penaude ménopause
dieu fait le mort. ce qui ne m’empêche nullement de triquer dans mon sommeil enfin tout ce que tu voudras je chope
un poisson là je chope
un poisson ci je chope
le rêve d’un être dont on n’a jamais pu déterminer vraiment le genre
ni la raison
ma fille m’a carrément enfoncé ses doigts dans le dos, jusqu’aux côtes j’ai du la supplier: « arrête ma fille arrête, retire tes doigts
de dedans ma cage thoracique, lâche mes côtes retire-toi de
mon corps »
car j’avais un corps à moi – en tout cas ce qu’on peut appeler un corps: un tas
d’ossements dans le sable, et très peu d’idées claires…
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