il n’y a personne en mon cœur pour qui travaille mon cœur

  tombent les mots. comme une raison d’être que se chercherait la chute. tombe t-en mots. la chute
  redresse la chute. s’y efforce. si elle penche la tête c’est au moins deux vides qu’elle entrouvre
  le vertige en regardant vers le haut, ça existe

  je ne te prête
  pas de chaussures, même pas de pantoufles, je te laisse pieds nus
  entrer dans ma maison
  il doit bien me rester une paire de chaussettes quelque part, propres qui plus est je te
  les enfilerai

  certains souffrent de quelque chose, tu souffres de quelque chose, quelque chose
  souffre de nous, de moi. de tout. j’avale un yaourt. il n’y a qu’un seul yaourt, blanc, onctueux
  réparti dans mille pots

  on sortira on fera le tour du pâté de maisons on reviendra mais la maison
  aura disparu, on ne trouvera rien
  à la place de la maison, qu’un vague terrain vague
  et le panneau « à vendre »

  je suis descendu dans le fond de ma culotte : nulle trace de toi
  un homme ne ressort pas de moi
  pas de son vivant en tout cas
  on évite les drames, on meurt
  en petit comité

 

il n'y a personne en mon cœur pour qui travaille mon cœur

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