le seul hasard, ce sont les âmes

  la mort des hommes, c’est son téléphone rose à lui, pauvre dieu
  parce que sans ça ils n’y penseraient jamais, ils flotteraient là telles des bulles
  à l’intérieur de bulles, elles-mêmes dérivant
  à l’intérieur de bulles…

  ma porte ne ferme pas. elle butte contre le corps mou de l’automne, ce tas malpropre, fétide avec des trous dedans
  aussi loin que je m’enfuie je retomberai toujours
  sur ces bouts d’ongles partout, ces séquelles d’amour

  on ne penche pas du bon côté on penche du côté
  où ça penche. je me sens l’âme d’une borne kilométrique et j’ai tenu
  bon jusqu là, implorant mon chemin à la route qui ne faisait que
  passer par là

  elle était belle, l’était jolie – d’aucuns prétendent même qu’elle était mignonne. alors on lui a coupé les avant-bras
  j’ai beaucoup pleuré. pas autant qu’elle assurément, mais j’ai beaucoup pleuré aussi
  j’aurais pu l’épouser et je ne l’ai pas fait : peut-être n’était-elle pas bonne cuisinière, à cause des bras
  ou d’autre chose

  je cherche en moi la vérité et je trouve un bébé. je sais, ça semble n’importe quoi
  dieu m’aime dans la mesure où moi je l’aime, alors de quel droit me plaindrais-je. je n’ai pas à espérer, non plus
  je pêche toute la rivière mais n’attrape qu’un poisson – et que voulez-vous que je fasse d’un poisson…

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *