tourner autour de la flaque, plusieurs fois d’affilée, voir si on n’y aurait pas laissé tomber quelque chose – genre un briquet, un rendez-vous manqué
il a du pleuvoir pendant mon sommeil, au matin l’herbe était toute mouillée, l’air saturé d’humidité
ma vie c’est comme ma vie, on oublie et on passe à autre chose – avec toutes les chaussettes, tous les slips, toutes les serviettes et tous les gens qui vont dedans
le reste se perd à travers champs, dans les clips du passé, ou à gros traits sur un visage décomposé. on s’y penche sans vraiment s’en soucier
place à l’esprit saint, à celui qui depuis ne tentait rien. on s’en est frotté un peu les bras et les épaules, nulle raison d’aller plus loin
on aurait pu donner à boire à l’ange, de l’eau de pluie ou simplement un verre d’eau du robinet, on n’y a pas pensé. à vrai dire on n’a pensé à rien. on l’a retrouvé déshydraté
le rouge a jauni sur ma chanson, je n’ai donc plus chanté. et puis j’ai cessé de parler aussi
avant tout la pluie s’écoute. elle s’écoute alors même qu’elle ne dit rien, qu’elle ne se prononce pas. qu’elle révèle en taisant, comme par transparence. on l’écoute du fait même qu’elle demeure sans voix
je refuse de mélanger mes mots à d’autres mots. je refuse de mélanger mon sang à un autre sang. je ne veux pas me mélanger
porter secours à un enfant ne lui rendra pas sa mère. une deux trois loup y es-tu ? le jour de son suicide, j’avais piscine

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