je souris et tu penses que c’est par simple désespoir, comme s’il restait en moi de la place pour un quelconque désespoir
mais tu te trompes. et je te trompe aussi, souriant ainsi, sans raison de sourire, ni de raison aucune
les cheveux blancs les cheveux courts, le crâne blanc souci. j’ai posé mes mains dessus pour cacher mes pensées, confondre l’existence
j’ai tendu ma main dessous parfois, pour en soutirer je ne sais quoi, quelques centimes d’horizon
dans l’hémisphère nord on trouve des hommes. on trouve des femmes également, aux cheveux longs, le plus souvent attachés de telle ou telle façon
ou tirés en arrière
la tolérance commence à trois, la passion naît de deux, la vérité rentre en l’un
alors qu’est-ce que tu fais là toi, perdue dans l’infini, te frottant le clitoris jusqu’à ce que mort s’ensuive
or mort ne s’ensuit pas
elle parle de sa chatte. elle n’arrête pas de parler de sa chatte. quoi qu’elle dise, c’est de sa chatte qu’elle parle
on finira tous par y passer, par cette chatte. jusqu’à la dernière neige
je ne relève la tête qu’une fois par an. le temps de jeter un coup d’œil au paysage, d’en mesurer l’étendue, estimer la puissance du vent
puis je replonge d’instinct vers des fonds plus fétides, des choses de dessous le paysage, ses racines entre autres, racines entre lesquelles
des poupées démembrées, des fétiches à pompons – le rouge à lèvres des morts…

Laisser un commentaire