la nuit s’est déclarée, facile, expansive
transposant nos pulsions chagrines en purs élans de joie
imagine alors, imagine un instant
le sort de nos ovaires…
mécaniquement plus le corps s’enfonce, plus l’âme se soulève
entre coups de foudre et paresse atavique, je tire de moi-même
sucres lents et
dents longues de famine
une neuvaine. doux comme telle
âpre comme un nom dont on ne se souvient que du prénom
et d’un crachât de ville.
entre le temps et l’éternité faire pont, vielle tristesse,
paradis de pacotille…
me retenir à autre chose qu’à mes dents, pomme confuse
entrer dans la mémoire d’un mouche, ressortir par la vulve
n’être jamais né n’être jamais mouru, sucer caillou, caillou sucé
un jour hors dieu
ta mère aura des nœuds. tu prendras la forme et la substance d’un âne, d’une mule
je mange dans ma main les lignes de ma main, je m’essuie sur ta bouche
n’ayant rien d’autre à faire de ma vie, je m’essuie
sur ta bouche
je me lève
ça fait longtemps que je me lève – je me lève au moins depuis
que je m’écroule
: mes jouets tournent en boucle…

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