la nuit tancar jolie

  la nuit me sert de rideau, de rien d’autre, je n’ai jamais été devant.
  parfois dedans, baver, glousser, parfois au pied pour une nuit plus dense
  une hypnose profonde

  c’est un tour radical, une racine qui plane, cerf-volant en manque de
  méconnaissance – ou même de dé-naissance, comme s’émoussent les aiguilles au contact d’un vent obscurément contraire.
  j’allai faire un tour par derrière, m’assurer que ce temps-ci resterait
  bien sans suite

  on ne se rend pas vraiment compte. ou alors pas tout de suite, ou pas tout d’un coup. on ronge à ses côtés.
  d’abord on s’attaque à l’os, à la sève de l’os. et de là jusqu’au cœur, à la moelle du cœur
  et cela jusqu’au bout – que se trouve au-delà du bout, à partir de quel bout me sentis-je enfin libre

  la braise à toute épreuve. je lui ai même arraché le cordon. on aurait pu tout me faire avouer, juste en posant regard.
  très bravement tombe la pluie, selon la triste oblique, très bravement ramasse le gant – il y aura toujours un tendre ou un tordu
  pour se moucher dedans

  enclos. enclos dans la méconnaissance de soi. enclos dans le jour se rabougrit, aussi. enclos.
  à l’écoute de l’âme du monde et le silence me vide les poumons. mourir à petites doses la dosette
  mourir à rebrousse-poil

 

la nuit tancar jolie

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