ressuscite en s’y baignant tous ceux qui noyés et noieront

  ta race et des lumières. bon, ta race.
  je m’apprête à enfourcher la version subliminale de moi, or ça ne va pas dans le même trou
  on voudrait se retourner contre soi que l’on se retournerait contre rien, rien étant encore trop
  et comment se vider la tête avec une seule langue, une si petite cuillère, ou jouir deux ou trois fois d’affilée dans ou hors d’un même trou tordu ou droit
  avec un seul doigt ?

  j’ai peur, tout l’temps j’ai peur, jamais vraiment de rien en particulier
  la mort me dit adieu je dis adieu à la mort, agitant mon mouchoir à carreaux, j’étais pas né encore
  que déjà j’étais mort, ou en tout cas presque mort, apparemment

  et alors quoi ? et puis pour qui ? et depuis quand ? il a bien fallu mettre des corps au bout de ces questions, et mettre ces corps en branle
  il y a des yeux qui ne regardent plus, des yeux qui pleurent sur leur propre sécheresse
  ou dans l’assiette creuse
  si un jour, ne serait-ce qu’un jour j’étais moi, peut-être qu’enfin je serais toi

  mon avion s’est écrasé, entre mes pieds s’est écrasé, entre mes jambes dévissé
  j’adore toujours un être, quel que soit l’être j’adore toujours un être, se déboîte
  tu m’aimes bien d’accord, et moi aussi je t’aime bien, la vie gratuite la mort ballante, je t’aime bien aussi

  il y a quelque chose. ou alors il n’y a rien
  tu comprends quelque chose. ou alors tu comprends rien
  il y a quelque part où marcher, ou alors tu fumes au funérarium
  t’encule un ch’veu, un ch’veu un clou, ou alors tu noies la mer
  c’est tellement loin la mer et tellement loin que la mer
  n’existe plus oh la mer
  n’existe pas.
  la rade

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