on se réveille avec un mauvais pressentiment, une légère pression sur le côté, sœur mamelle

  à chacun sou zoulou, à chacun son doudou. l’équilibre en surchauffe
  je ne me grandis pas, ni d’une mort au combat, ni d’une pousse de bambou
  j’espérais arriver jusqu’à vous, et que vous ne fussiez pas dieu
  plumitif en chute libre

  la terre fait sa vidange – pourquoi ce léger soulèvement de cœur ?
  j’arrête de chanter. chanter sonne faux. sonner faux chante juste
  alors lèche-moi le coude, desserre le testicule. on ne se revoit pas
  on passe le temps à ci, on passe le temps à ça, bref on ne se revoit pas

  je selle mon ch’val, le selle d’mon cul. j’apporte mon soutien
  à toute forme de disgrâce, à mon sournois à mes
  glandes, dans la mesure où je serais doté
  de glandes. mon dieu est un dieu sans moi, un dieu sans dieu, un dieu qui tente de
  se frayer un passage à travers nos chairs téléscopées

  derrière mon homme se cache mon ombre, je n’ose respirer
  un serre-tête, un dépresse-briques, on en est réduit là, à ça
  et le large non plus n’existe pas
  on appelle ça comme on veut – quoique décidément, on ne veuille pas des masses

  on ne se souvient jamais de ce dont on se souvient vraiment
  et qui nous hante jusqu’à faire de nous
  d’effarés, de désœuvrés fantômes…

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