les gens ne m’intéressent qu’une fois s’être reconnus vaincus, définitivement irréparables, et font alors comme ils peuvent pour supporter le poids de leur inexistence
je connais des endroits merveilleux dont on ne revient que sous forme de spectre, tant jamais rien ne disparaît tout à fait
qu’en la mémoire de dieu
je remonte le courant. je remonte le courant jusqu’au point très précis où le court-circuite le zénith, sous le nadir exactement
c’est un pont, et quand bien même inversé il reste avant tout un pont – on y lèche et reliche avec avidité les os de la sentimentalité
d’une faille on a fait un tremplin, et de ce tremplin un bond à temps plein dans le vide infini
par essence infini
ne la touche pas. surtout ne la touche pas. ou seulement là, là ou là. il dort toute la journée
je me suis mis à jour. je me suis mis à nu. je me suis mis debout sur mon profond sommeil qui n’était qu’une forme aléatoire du néant
pour que la mer se révèle enfin centre, il a fallu rouvrir les tombes, toutes les tombes et celles-mêmes
dont nous avons du émerger pour de bon et cette fois
entre souffrir et devenir cette immonde bête froide, d’une tangente l’oblique, d »un cul contemplatif le siège éjectable
une vague entre les dents, une peur ancestrale, par où donc commencer ? revenir là d’où personne n’est jamais parti ressemble à ce miroir
qui dégueule ma tête et me lâche un: « toi, je ne te reconnais pas »
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