j’apprends à nager. j’apprends à nager dans une mer de béton. et c’est avec des dents de merde que je mange du chien congelé
je ne sauverai personne de ma propre noyade, et à l’instant fatidique personne ne se penchera sur moi pour s’enquérir de l’heure ou de la direction
j’éjaculerai dans l’béton, point final
on pleure jeune, puis on affûte ses larmes. un jour ou l’autre tu m’as bien compris, un jour ou l’autre j’ouvre grande la gueule
en sort une hache, un gros ver gluant, en sort un rêve de mer – le rêve universel
d’un bout de mer universelle
j’attends là pour le coup. pour le coup j’attends là
me fossilisant au fur et à mesure des passages, trépassages et outrepassages
j’attends là pour la forme. pour le fond j’attends là tout pareil. je me manque la joue droite, je me manque la joue gauche aussi
j’avance droit sur place. et même je saute, je bondis soudainement sur place
tout de travers maudit la voie et moi qui n’entends rien moi n’y
entends rien, je marche dans la ville, je marche
sur les quais de la ville où les fougères
ne pénètrent toujours pas les fougères, pour rafraîchir nos jambes les fougères
non, les fougères ne remontent pas jusqu’ici – seul le béton
de l’oubli et les rides du vécu s’incrustant dans
le béton de l’oubli

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