d’ordinaire

  deux biches et trois souillons
revendiquent m'avoir épousé. étrange messe...
j'avale un ch'val, un ch'val me fixe
droit dans les yeux. les yeux c'est quelque chose
et pour tout dire je m'en sors plutôt bien
bref je m'en sors



rien ne m'inspire
sortir du sarcophage pour seulement mimer l'épouvantail. on n'a rien vu
quoi qu'on ait cru voir, on n'a rien vu vraiment
ni venir, ni repartir
peut-être entendu le coucou, une fois ou deux, tout au bout du silence
mais même pas sûr



chaque fois que j'entends la voix d'un enfant je crois avoir ressuscité mais non
la balançoire balance à vide
l'avenue se recroqueville
on dirait un chien se grattant rageusement les côtes,
le pitoyable auvent d'une caravane
en fin d'saison



il reste une huître
à jouir dedans, et s'en foutre des perles
comme de l'accoutumée.
un jour est sans partage, il traîne là
à l'avant-garde d'une armée en déroute - pire:
d'une horde-fantôme.
rêvons. mais rêvons juste



et si seulement vacant-vacance, tu crachais dans le vide, béant-béance
d'un ongle la vertèbre frottée, saisir
l'essence du bonheur, ou faire comme ci
ou faire comme ça
se couper l'ongle par exemple. du pouce par exemple
. et si seulement...

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *