je ne pleure pas. je me mets sur le côté et j'attends que
cela passe, j'attends que
cela passe ou non, figé en sa débâcle
nombril en chute libre
tourner en rond
tourner en rond jusqu'à ce que l'esprit se mette à
chauffer: manœuvre préhistorique, attitude foncièrement
anhistorique. une paire de lunettes qu'on balance
par la fenêtre d'un train
rattaché aux humains par les mots
au monde physique par la dévoration
à dieu par l'angoisse, le néant
tout cela commence avec soi - une rivalité sans fin, une
chute ascensionnelle. l'espoir d'un improbable retour
de nulle part vers nulle part, débordant sur les marges
voir les choses telles qu'elles sont avant même qu'elles ne soient ce
qu'elles sont. et passer outre. passer
allègrement outre
on s'apporte à manger. chacun son tour de rôle
on se fait boire, à la gourde ou au sein, selon ce dont
on dispose. on s'attache une corde au vide, on se plante un bouton
d'or sous le menton, rêvant à vague ouverte d'un
esprit sans rêve...
on se rapproche de rien et comme c'est lumineux
abat-jour et train de nuit - ça nous fait combien d'heures déjà, combien de vies?
le rien et la lumière, au-delà même de l'obscène: des noces purement
cérébrales...
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