où donc le nord, par où le sud

  je me suis mis à l’accordéon. je ne savais pas quoi faire alors je me suis mis à l’accordéon
  comme d’autres prennent le sud, ou d’autres prennent le nord
  ou l’accent de là où ils vivent, en léger décalé
  mais l’accordéon c’est plus classe, même si l’accordéon c’est plus con

  tenir une nuit, j’ai juste tenu une nuit
  plus je n’aurais pu, plus c’était se retrouver le cul nu, je n’sais où, dans un genre de mauvais rêve
  on marche comme on le sent, droit devant soi, ou ce qu’on imagine être droit devant soi
  y croire en fera un bel objet

  j’ai du manger un mauvais truc. à moins que ce ne soit de ne m’être jamais habitué à moi
  j’ai du parcourir un néant infini avec mes p’tites brassières en forme de canards
  un cheveu collé sur ma langue ? nenni : toute ma langue collée à tes cheveux et rien ne sert, rien
  je n’éjacule pas

  toujours un petit ciel, un petit ciel en creux
  toujours un petit creux, un petit creux maudit
  je m’gave de pommes, je sais pas pourquoi de pommes, seulement je m’gave, je m’gave de pommes
  pas plus d’un côté que de l’autre ne m’endors, mais comment s’empêcher de se retourner, hein, comment ?

  tout doucement sans faire de bruit, plus doucement encore
  une vérité qu’on ne peut nier, une vérité qu’on ne peut pour autant affirmer
  je me fournis en clous, je me fournis en couteaux, le coq ne chante toujours pas
  par trois fois j’égorge le coq, toujours le coq se refuse à chanter…

 

où donc le nord, par où le sud

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