entre la mer et le tympan

  respire
une fois l'amour ou ce qui en fait
pale figure éteint, respire
ne te souviens de rien ou bien d'un
simple paysage. le paysage n'enferme pas. demeurer
à l'intérieur de soi, certes mais jamais
enfermé, jamais estropié d'un
au-delà, si bancal fut-il



à la place d'un homme, de la tête d'un homme, on aurait mis une courge
évidée. une tiare
une casquette à bas prix chinée sur le marché de l'Aigle
chaque mardi
oui mais moi les mardis j'suis mort
ou je me gratte. ou je m'endors. oui mais moi les mardis gras
les mardis maigres



j'me dis allez vas-y, casse ta noix
bascule du côté où tu es sûr que personne, jamais
ne t'aimera
ni ta mère ni ton fils
ni la moule aubépine
j'ai juste envie d'aller me balader, ni trop loin ni trop près
de chez moi, j'espère



chez moi n'existe pas. il lève les bras on lui fait des guilis ça ne le
fait aucunement réagir. j'abrite un arbre, penché
j'abrite un arbre j'abrite une souche, je me dis que c'est pas mal pour aujourd'hui, je me dis
j'abrite un rêve et on verra, penché



ce matin j'ai bâton, quand ce matin tout brume et tout brouillard
j'espère être mort des mains de quelque chose, voire même de quelqu'un
par exemple je penche la tête de côté, et rien ne s'interpose
entre la mer et le tympan -
d'où l'accent grave...

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