la vie d’un vide est claire

  tout le fond s'est blotti dans une barque
du coup la barque n'avait plus sur quoi flotter, sur quoi naviguer
tout le fond a sauté de la barque du coup la barque suspendue
virant de bord, coulant à pic
et morte d'inquiétude



l'aguicheuse devant, derrière et au milieu, des papillons dans les ch'veux
passionnément indifférent, je passe mon chemin - allez vas-y, passe mon chemin
de toute façon j'pleure au milieu, devant sur les côtés, j'pleure de tout bord allez vas-y, crame ces haillons



là tient toute la différence. montre-moi les mains vides, le vide
fait toute la différence. elles caressent le chauve. l'humide mais le chauve
comme un quatorze juillet tout à coup tombant et s'affalant
sur un commun mardi...



le verre à moitié verre, un reste d'homme divague
tu la vois venir de ce côté-ci, chagrine. ou de ce côté-là, miskine - le verre à moitié nu, le vide à cours de chance
et d'argument
un phénix en papier



personne à la porte, personne à la fenêtre, et le qi distrait
penser à rien, à rien durant le rien, avec une certaine insistance
se démettre une épaule, un pan de vitre, ne réagir nullement
à l'absence d'issue - ça fait déjà pas mal pour une journée
ça fait déjà pas mal, pour une vie entière

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