une à une la mort
me rend bonheur
j’achète un jouet, je nique le jouet. je nique un jouet, je jette le jouet
une à une la mort
m’a rendue tant heureuse
vivre c’est se suicider, mourir se conserver, un kamikaze dans mon lit
les restrictions d’eau, les restrictions de tout, et la grande vagabonde
j’arrive avec des bas troués des bas troués jusque sous le menton
moi la juive d’un non-peuple
entre toi et moi, il y a l’armée : nous ne manquons pas en effet
de civilité.
entre toi et moi croît le désert – on parle là d’un espace toujours plus réduit de la sensibilité.
entre toi et moi tout un dieu se masturbe, et tant se masturbe
que rien ne pousse…
nous sommes dans la joie, nous sommes dans le décor, nous les enfants d’un quelconque quinze juillet
tu me passes la savonnette et si tu me passes la savonnette, je te repasse la savonnette – ça glisse mieux, avec la savonnette
sans ça c’est le néant
quoi ça, le néant ? quoi sans ça le néant ? nous passerons-nous donc de méthode?
je bois comme je respire, avec le trou devant, mais d’abord avec le trou dedans
sans quoi c’est le néant

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