d’amour et de grâce

  quand rien ne cesse, où trouver le repos – le bâton dans la roue le
  caillou dans la grâce ? mon trottoir va
  danser tout seul – la mort en effet ne
  tiendra pas longtemps debout sur
  ses jambes sans os, ses fragiles cheville

 

  j’avais piscine ce matin, j’ai dévoré la planche
  quelque chose me retient de ne pas rester là, je voudrais, après t’avoir
  ouvert le ventre, faire le caillou au centre de ton être
  finir mon verre sauter dans
  le premier trou venu, parler d’absence
  à voix très basse…



  quarante fois la vie, ce n’est toujours pas ça – d’un virage mal engagé le fou
  se prenant pour un roi, le roi
  pour un simple soldat le cheval
  pour un âne – on fait ce qu’on peut n’est-ce pas on fait
  plus ou moins n’importe quoi, bras croisés jambes pendantes, les couilles en ordre de
  pagaille rangée



  figure-toi non mais figure-toi : une seule pierre
  et tant de dents cassées. j’ai avalé
  tout le figuier d’un coup, pépins et racine comprises – je marchai là sur un seul rail
  la tête entre deux flots, la mémoire affamée, lâchée
  sur les siècles béants

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