on se touche les dernières heures, les dernières chaleurs

  la planète ce matin ne m’a pas semblé plus grande
  qu’un pépin de raisin, qu’une tumeur au cerveau je mange tout un canard
  vivant, plumes et bec compris je mange
  tout un canard – debout, pathétiquement penché sur
  un vertige oh la nausée, sur un vertige abrupt



  j’ai pas été méchant avec toi ou pas vraiment, j’ai cru que l’automne me préserverait
  un tant soit peu mais non. les grands vides d’équinoxe
 ta tare mon dieu, vénal pénis
  sautille sur un pied comme ça t’auras peut-être l’air moins con
  que sur les deux



  je ne contrôle plus rien, les yeux rivés
  sur le compteur affichant éperdument
  la vitesse de la chute. j’arrache les deux pattes
  à mon nounours – ne pousse rien
  sur les orteils ni en mon âme, ne pousse rien



  comme un chemin bousille le vide, j’ai raté mon entrée
  ou j’ai gratté trop fort. moi je grandis la nuit et toi, qu’est-ce que tu fous la nuit
  tes gros yeux de mante, les espadrilles bien alignées
  au pas du lit, au cas où l’on n’sait quoi et qu’on
  n’saura jamais



  la force dans le vide n’est d’aucun effet, je me gratte le coude
  ça saigne un peu, pas forcément comme on voudrait mais bon
  la veille du drame, après m’être appliqué soigneusement
  quelques beignes dans les dents, je réalisai à quel point
  ce n’était pas pour moi tout ça, ni le bonheur et
  qu’un trou ne sera jamais assez grand

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