départ de femme

  il n’y a pas d’bêtes devant. on avance à l’aveuglette
  en purs hasards sur le chemin des dames, on avance à cloche-main
  – ainsi font font font…
  et puis s’en vont

 

  qui s’échappe
  de ce trou-là ou d’ailleurs, et ne remet pas les pieds
  dans sa propre cuisine ?
  je mélange les fléchettes, puis les avale toutes
  verrai bien où me mène
  ce gentil cul-de-sac



  je ne me rappelle rien
  ni ma mère ni mon chat
  on se réveille au garde-à-vous, rien n’a changé vraiment
  les paquets de chips
  se succèdent à l’ennui, la longévité
  s’accroche, sort de son lit, décroche
  c’est même plus supportable



  t’as mis un nid au milieu et t’as pissé dedans
  net et précis, t’as juste pissé dedans – quel destin
  te rattrapera désormais ? quel souvenir en miroir
  pire que te démasquera :
  te dévisagera ?



  mille moteurs, une seconde de retard
  suffit à faire dérailler
  l’éternité.
  mon chant à blanc, le corps de ma consœur
  dans le collimateur. je baisse les yeux
  c’est plus prudent je baisse les yeux
  j’cartonne le vide



  toi depuis que t’es tout petit tu meurs d’envie
  par-dessus l’épaule, je respire le large
  même mort, je respire le large
  ça n’a l’air de rien : je respire le large

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