la panique tranquille

  la nuit me parle foule, tandis que moi je parle à la nuit
  la nuit, panique tranquille – comment échapper à l’infini ?
  tellement d’ailleurs si peu d’ici, le trou
  à portée de ma faille



  l’universel toujours content, régresser jusqu’à dieu, jusqu’au
  néant de dieu, se couper les ongles se
  raser le crâne se
  souffler la cervelle, on s’éveille hébété chaque jour entre
  deux pénibles poteaux de rugby



  au point où l’on ne résiste plus
  où l’on prend soin de roses fanées, de sapins dépouillés de leurs boules,
  de leurs guirlandes, de sapins morts de trouille
  je m’envole, mais c’est pour rire
  je m’envole et je gémis, j’espère que
  je ne te dérange pas trop, du coup



  l’univers ne me fait pas vraiment peur mais s’il te plaît, laisse-moi tranquille, l’univers
  là rêvant d’une mer sans rive, au-delà de
  la désolation
  ou d’une fenêtre ouverte en guise de miroir
  sur le vide sublime, le vide extra-lucide

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