l’éblouissement permanent

  moi de toute façon je m’en fous : je suis déjà parti
  parti là-bas, où je n’existe pas, à peine de travers
  on lève son verre allez va, on lève son verre, un animal
  réussit toujours à se sauver, à échapper au pire
  je ne suis pas un animal



  comment concilier cerf-volant et corde à sauter ?
  je ne sais pas, je me suis seulement rendu
  à l’inepte évidence, au vide sidéré
  jouir casse un poteau, on pleure des cordes
  avoir existé ne suffira pas, je le crains



  trop vieux pour l’amour. de plus la marée baisse
  il faut aller si loin pour n’arriver nulle part, adresse en déshérence
  le code postal manquant
  éjaculer dans un bouche de métro
  – y’a pas d’métro, à cette heure-ci…



  j’ai tellement peur, mais tellement peur de rien, l’angoisse désinvolte
  je ne viendrai pas à bout d’un tel mensonge
  les choses qu’on ne dit pas, afin de se préserver du pire j’imagine
  on se caresse la douille, on ne se plaît au final
  pas plus que ça

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