les morts comptent pas leurs doigts

  entre extase et nausée, le jet d’salive. nous ne serons jamais
  qu’adolescence en perdition, un petit nœud sur le côté
  j’avoue j’ignore
  à qui je parle, à l’adresse de qui je
  me tais, me terre me mure me
  platebande…

 

  une fois par mois par plus. j’arrose
  le kunlun et mes pneus sur l’asphalte
  ne laissent guère de trace – j’habite un homme nu
  peut-être un jour
  redeviendrai-je une bête, après tout



  mon frère s’est fait planter
  une aiguille dans le cœur, comme ça sans
  avoir rien demandé. mon cercueil
  en carton compressé ne sera
  qu’à une place – imagine toute un plage
  pour un seul nudiste…



  l’enfer a trois bouches. je te tiens par un doigt
  tu me tiens par la corde, un vol
  de grive ne présage rien de bon. on se promène en soi
  le pire, si modeste à ses heures, l’indifférence en assistante
  respiratoire

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