dans la forêt quelqu’un se perd. quelqu’un se perd, dans la forêt
et l’écho ne fait que s’amplifier, d’un silence intérieur, d’un silence bestial
des arbres coupés de la forêt j’ai ramassé les ombres, et j’en ai fait un tas
de la forêt ne reste donc que le ciel au sens strict, ou l’onde large d’un cri béant
je reste tout au fond, tout au fond de l’envers d’un trou, mais tout aussi anonymement
la pelle entre les mains, sans matière à creuser néanmoins, ni de sable à remuer
il faut vite se mettre à l’ombre, d’un arbre n’ayant jamais poussé, et dont l’essence demeure inconnue
– entends le hurlement du temps dans la gueule du loup
l’amante a perdu quelque chose, comme le goût d’une peau, le goût d’une autre peau. elle baise en double file
l’attente un peu plus loin, l’attente dure, d’un bout de ciel à ronger, d’une ondée passagère
l’amante a penché de côté, du côté d’une mémoire dure, l’amante s’est roulée en boule tout au creux de l’attente
elle a perdu quelque chose comme on perd quelque chose, par simple inconséquence. elle baise en panne sèche
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