tourner en rond
tourner en rond dans le sens des aiguilles d’une montre, et quand ça nous prend, dans le contre-sens des aiguilles de la même montre
tourner à contre-rond, lâcher la veuve et l’orphelin, les abandonner à leur triste sort, parler un peu
parler un peu quand même
se ronger les ongles
on se ronge les ongles parce qu’on se ronge les ongles, et parfois jusqu’au sang
on se ronge
le bout des ongles et ça repousse
on se dit que ça repousse, un moment ça repousse, on se dit qu’il n’y a plus d’homme au bout plus
d’homme au fond
je me suis endormi dans le sens du large, cependant tout au bord
si tout au bord qu’au-dessous de moi nageait le vide, j’ai failli m’endormir
en plein sommeil, j’ai failli m’endormir – que c’est triste
tout est donc si triste, au bout du bord
il y a les allemands
il y a les allemands et il y a ceux qui ne sont pas les allemands, ou pas tout à fait les allemands
et puis il y a ceux qui ne sont même pas ceux qui ne sont pas les allemands, et qui se nourrissent de baies, de racines, ou d’on ne sait trop quoi
ce sont eux, semble t-il, qui font les plus beaux cerf-volants, et volant le plus haut
si l’on fait un tour de manège, rien qu’un tour de manège et toujours le même
tour de manège, c’est afin de ne pas oublier d’où l’on vient, ni vers quoi l’on revient
c’est parce que l’on n’est ce que l’on est qu’à la condition de l’avoir été déjà, et que l’origine s’avère en soi pur produit de la répétition
à partir de là, le large prend ses palmes…

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