remuer son petit tas de sable, cracher contre le vent, toute une vie durant
puis, le sable retournant au sable, le vent au vent, ne demeure finalement de soi
que le large
de paresse et d’oubli, le large
en acte et en pensée, le large
face à l’immense
ou traversé de l’immense
je veux dire habité par l’immense
ne m’aura pas rendu les clés
ni le sourire figé dans le cadre réduit
de l’appareil photo
ils ne meurent pas tous entre mes bras: ils s’obstinent parfois
à confondre le moyen et la fin, le doigt la lune,
le riz et l’orge
et simultanément à distinguer le temps
de l’éternité alors même qu’il pleut, dieu du néant ou encore
le riz de l’orge…
les choses évidemment, on les préfère quand elles ondulent
comme on préfère penser, à l’aube d’une orgie de sang, de chairs calcinées, que croiser l’inconnu c’est donc un peu renaître
et tu trouves ce moment opportun pour écraser tes lèvres sur mon
indifférence à vif
dans l’infini, le mouvement se confond donc à l’immobilité
soit…
je digère mal le café ce matin, je ne pense pas
revenir jamais…
identifier son propre corps à celui de l’humanité est un sport de prophète, or de prophètes on n’en trouve pas des masses, entre une averse et Ouistreham…
on crève un pneu
on respire à plein pot le néant infini

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