le vacuum cendrillon

  tristesse universelle, plus un mouchoir en papier
  un simple mouchoir
  en papier
  allez, en le déchirant pourra t-il servir trois fois tout au plus
  trois petits bouts pour éponger, essuyer, absorber la
  tristesse universelle

  on ne sait pas crier au mort, on ne sait pas
  crier alors, et donc
  et donc reprend son souffle, enchaîne ses mouvements
  se met à la remorque de je ne sais quel vide, croissant de tous côtés
  et en-dedans

  on ne sait pas quel bruit ça fait, de mourir
  quel bruit ça fait à l’intérieur, l’intérieur de
  celui qui meurt
  je me dis marche
  ôte tes grolles, enlève tes chaussettes et marche
  va nu-pieds, tant qu’il y vont

  un homme est malade
  il s’est tiré une bulle dans la tête, et maintenant il est malade
  c’est le monde entier qui en lui s’est alité, tandis qu’en lui aussi, mais un peu au-dessus, gonfle la bulle
  quand elle éclate sans un bruit, quand elle éclate sans un souffle dit-on, le cauchemar prend fin

  comme on crève l’abcès, comme en claquant des dents, à corps perdant
  des sentinelles cloutées, des sentinelles sans voix ne se répondent pas, ne donnent pas l’alarme
  le vide est bien le vide de quelque chose, ou de quelqu’un. cela finit par se savoir

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