l’amour à blanc

  les crampes, elles te prennent dans la nuit, les crampes
  tu te réveilles alors, tu arpentes la pièce, tu te dis que dieu parle si bas il faudrait que tu te baisses un peu, encore un peu
  ou modifies la courbe de l’équation

  il y a des choses on n’les dit pas, il y a des choses on n’en meurt pas – errant le juif, une forme tout à la fois grave et aiguë de la mélancolie, sentinelle blême

  la barbe d’un homme pousse toujours vers le nord, et j’en ai marre du méandre, et j’en ai marre du droit – je veux redevenir l’adolescent au cœur en croix

  pourquoi tu pleures. mais je pleure pas. oui mais pourquoi tu pleures. je pleure parce que
  parce que la lune trop haute pour moi, l’ortie pas si blanche que ça
  je pleure juste de ne pas pleurer, de ne pas m’y trouver

  une touffe ébouriffée. on dit une touffe
  ébouriffée. un gel ne de neige
  tout le mal qui se dépose en moi et bouche le fond. tout le mal un tas de poils
  faut que j’m’épile la chatte c’est clair. la chatte de l’esprit

 

l'amour à blanc

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