la petite annonce à marie. ou l’annonce à la petite marie – j’hésite

  non je ne représente rien, même pas l’homme dans un homme, la pichenette dans une bille
  je crois que je n’ai pas envie de mourir, mais sans comprendre pourquoi, quand tout me convainc du néant
  comme l’irrésistible pulsion de pisser contre un arbre, persuadé qu’il en partage le tendre soulagement
  la générosité finira par nous achever

  le baume on entend ça – suffit de s’être brûlé une fois, comme ça à l’occasion, entre deux braises et un ficus
  parfois périt la forme, parfois le contenu, mais jamais les deux ensemble, à notre grande joie
  je ne sais toujours pas dire les mots qu’il faut quand il le faut – je ne parle donc que pour rien dire, tant énoncer le rien offre la seule issue potable à l’absence d’eau, à l’improbabilité d’un souffle continu

  chercher creuse l’impossibilité manifeste de trouver, comme si je ne cherchais qu’afin d’échapper à toute certitude
  je ne découvre conséquemment que mon absence, laquelle j’affuble du nom doux de marie, valérie, ou d’orchestre sans souffle
  sans corde
  sans résonance

  mon toit me protège des flèches, des indiens dans les arbres ainsi que de toute nation
  or qui me protégera de moi, trou béant
  et par quel point traverser la Loire dans un sens radicalement transcendantal
  c’est comme s’allonger sur un sol tout en soupir
  ou parler à sa mère alors que sa mère est morte avant même de nous avoir enfanté

  cheval ardu, cheval néanmoins.
  j’apporte quelque chose que tu ne recevras ou n’accepteras sans doute pas
  j’apporte mon dos aux griffes de femmes faussement sages
  faut dire que je m’y prends comme un pied, et que je ne suis par ailleurs pas vraiment pratiquant
  je sème au vent mais je sème quoi, cathédrale périphérique

 

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